Brésil: des centaines de milliers de manifestants dans les rues

Rio de Janeiro hoje
Rio de Janeiro hoje

Des centaines de milliers de manifestants ont commencé à défiler, jeudi 20 juin, dans les rues de 80 villes du Brésil, notamment à Rio de Janeiro, où des heurts avec la police ont rapidement éclaté. Bien que la plupart des grandes villes du pays aient cédé à la pression populaire en revenant sur leur décision d’augmenter le tarif des transports en commun, les protestataires brésiliens continuent à faire pression. Ils se sont fixés pour objectif de faire descendre  un million de personnes dans les rues pour cette première journée d’action nationale.

 

Rio de Janeiro, où se déroulait le match Espagne-Tahiti au stade Maracana, la police a évalué à 300 000 le nombre de manifestants. Les manifestants ont afflué vers la Place Candelaria, point de départ du défilé, au centre-ville. Après un début de marche pacifique, de premiers incidents ont éclaté devant la mairie entre un groupe de manifestants et la police. La police militaire de Rio, extrêmement discrète au début de la manifestation, a diffusé sur les réseaux des tracts à imprimer demandant aux manifestants de “l’aider à les protéger” : “SANS VIOLENCE, PAIX, éloignez ceux qui insistent pour semer le trouble dans une manifestation pacifique”. Au total, un million de personnes ont été invitées sur Facebook à manifester jeudi après-midi.

Salvador de Bahia, théâtre de la première manifestation dans l’après-midi, des affrontements violents ont également éclaté entre un partie des 50 000 manifestants et les policiers. Alors que manifestants tentaient de forcer un barrage policier aux cris de “Fonte Nova ! Fonte Nova !”, le nom du stade de Salvador situé à deux kilomètres de là, la police a tiré des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc contraignant les protestataires à reculer. Au moins un manifestant a été blessé par un de ces tirs, tandis qu’un policier a également été blessé.

Sao Paulo, 300 000 personnes ont confirmé via les réseaux sociaux leur présence et 50 000 à Brasilia au mot d’ordre : “Brésil, réveille-toi !”.

SYNDICATS ET PARTIS S’IMPLIQUENT

Après 10 jours de manifestations qui ont souvent dégénéré en violences, la contestation ne faiblit pas au Brésil. Sur les réseaux sociaux, les appels àmanifester continuent de se multiplier.

Rien ne semble laisser présager un essoufflement rapide de ce mouvement diffus, sans étiquette politique ou syndicale, ni leaders clairement identifiés.
Il cristallise désormais toutes les frustrations de la population de ce pays émergent de 194 millions d’habitants : services publics précaires comme la santé et l’éducation, corruption de la classe politique, sommes colossales – 11 milliards d’euros – investies pour l’organisation du Mondial-2014 de football.

La grande nouveauté, jeudi, est que certains syndicats, partis politiques et organisations de la société civile ont affiché leur intention de participer aux cortèges sous leurs banderoles. Les Paysans sans terre (MST), l’Union nationale des étudiants (UNE), la Centrale unique des travailleurs (CUT), le Parti des Travailleurs (PT gauche, au pouvoir) et le Parti communiste du Brésil (PCdoB) entre autres veulent se joindre aux manifestants qui rejettent depuis le début de leur mouvement toute étiquette.

La présidente, Dilma Rousseff, a de son côté annulé un voyage au Japon prévu du 26 au 28 juin, en raison du mouvement de protestation qui embrase le pays. (Le Monde)

Publicado por

Talis Andrade

Jornalista, professor universitário, poeta (13 livros publicados)

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